Certification IHE en Afrique : ce que prouve celle du moteur Yone-Wi
IHE, profils, Connectathon, laboratoires accrédités : ce que couvre une certification IHE et ce que celle de Yone-Wi, première en Afrique, permet de dire.
Dans un cahier des charges de santé numérique, une ligne peut figurer : « conformité aux profils IHE ». Elle est courte, elle paraît technique, et elle pèse pourtant dans l'évaluation des offres. En 2024, le moteur d'interopérabilité Yone-Wi d'Eyone Medical a obtenu la certification IHE, une première en Afrique. Cet article s'adresse aux ministères, aux bailleurs et aux directions des systèmes d'information hospitaliers. Il explique ce qu'est IHE, ce que couvre réellement une certification, pourquoi elle pèse dans un appel d'offres ou un programme national, et ce que la certification de Yone-Wi permet d'affirmer, comme ce qu'elle ne permet pas d'affirmer.
Si vous cherchez d'abord une vue d'ensemble de l'interopérabilité (pourquoi les systèmes ne se parlent pas, ce que font HL7 et FHIR, où en est l'Afrique francophone), commencez par notre article Interopérabilité des systèmes de santé : moins de ruptures dans le parcours de soins. Ici, nous nous concentrons sur la certification.
IHE, en quelques lignes
IHE (Integrating the Healthcare Enterprise) se définit sur son site officiel, ihe.net, comme une initiative des professionnels de santé et de l'industrie pour améliorer la manière dont les systèmes informatiques de santé partagent l'information. Sa mission : élaborer des spécifications d'interopérabilité fondées sur les flux de travail réels, et offrir des moyens de les tester et de les valider.
L'initiative est née en 1998 d'un effort conjoint de deux organisations nord-américaines, la RSNA (radiologie) et la HIMSS (systèmes d'information de santé), selon l'encyclopédie de la Society for Imaging Informatics in Medicine (SIIM). Un point est essentiel pour un acheteur : IHE n'écrit pas de nouvelle norme. Elle sélectionne, dans des normes existantes comme HL7 ou DICOM, les éléments nécessaires à un usage clinique précis, et elle fixe la manière de les combiner.
Profils, acteurs, transactions
Le vocabulaire d'IHE tient en trois mots. Selon l'introduction générale des cadres techniques IHE (révision 2.0, 2021), chaque profil d'intégration modélise une capacité réelle sous la forme d'acteurs qui échangent au moyen de transactions. Un acteur est un rôle fonctionnel (par exemple, celui qui fournit un document et celui qui le consulte). Une transaction est l'échange normalisé entre deux rôles. Les profils sont regroupés dans des cadres techniques par domaine : infrastructure informatique, radiologie, laboratoire, coordination des soins…
Pour illustrer, IHE International cite parmi les profils ouverts à son programme d'évaluation de conformité des profils d'infrastructure comme PIX (rapprochement des identifiants d'un même patient entre systèmes), XDS.b (partage de documents médicaux entre structures) et ATNA (traçabilité et sécurisation des échanges). Ces exemples servent à comprendre la logique d'IHE : ils ne disent rien, à eux seuls, des profils couverts par une certification donnée.
Ce que couvre une certification IHE
Le mot « certification » recouvre en pratique plusieurs niveaux de preuve, qu'un évaluateur a intérêt à distinguer.
- La déclaration d'intégration (IHE Integration Statement). D'après le wiki d'IHE, c'est un document préparé et publié par l'éditeur lui-même, qui décrit les profils et les acteurs que son produit est conçu pour prendre en charge. C'est un engagement de l'éditeur, pas une vérification par un tiers.
- Le Connectathon. IHE organise des sessions de test supervisées au cours desquelles les éditeurs connectent leurs systèmes à ceux d'autres éditeurs et exécutent les transactions exigées par les acteurs qu'ils ont choisis. Les résultats sont publiés dans la base de résultats des Connectathons.
- L'évaluation de conformité (Conformity Assessment Scheme). IHE International autorise des laboratoires accrédités selon la norme ISO/IEC 17025 à évaluer la conformité de produits à des profils IHE sélectionnés ; leurs rapports de test sont reconnus dans le monde entier, indique ihe.net.
Quel que soit le mécanisme, une constante demeure : une certification IHE porte sur un produit, dans une version, pour des profils et des acteurs précis, à une date. Elle ne porte ni sur une entreprise dans son ensemble, ni sur l'ensemble des profils IHE, ni sur la qualité d'un déploiement particulier.
Pourquoi cela compte dans un appel d'offres ou un programme national
Un programme national de santé numérique ne part jamais d'une page blanche. Au Sénégal, le Plan stratégique santé digitale (PSSD) 2018-2023 rappelait qu'une évaluation conduite en 2015 avait recensé plus de 50 initiatives eSanté et mSanté, « fragmentées, non-coordonnées et souvent non-interopérables ». Le même plan fixait l'objectif d'un cadre de référence de normalisation et d'interopérabilité des systèmes d'information de santé.
Le mouvement est continental et mondial. Africa CDC a publié en 2023 des lignes directrices et normes de l'Union africaine pour l'échange d'informations de santé. L'Organisation mondiale de la santé a signé en juillet 2023 un accord de collaboration avec HL7 International pour soutenir l'adoption de standards ouverts d'interopérabilité, et l'Assemblée mondiale de la santé a prolongé en mai 2025 la Stratégie mondiale pour la santé numérique jusqu'en 2027.
Dans ce contexte, une exigence IHE dans un cahier des charges a trois vertus :
- Elle se vérifie. Une promesse d'« ouverture » ne se teste pas ; un profil et un acteur se testent.
- Elle protège l'investissement public. Un système conforme à des profils publiés peut dialoguer avec les systèmes suivants, y compris ceux d'autres fournisseurs.
- Elle met les offres à égalité. Chaque soumissionnaire répond à la même grille, au lieu de décrire chacun sa propre architecture.
Les questions à poser à un soumissionnaire
- Quels profils IHE, et quels acteurs dans chaque profil, sont couverts ?
- Par quel mécanisme : déclaration d'intégration, résultats de Connectathon, rapport d'un laboratoire accrédité ?
- Quel produit, dans quelle version, et à quelle date ?
- Le document de résultat est-il consultable ?
- Ces profils correspondent-ils aux échanges décrits dans votre cahier des charges ?
La certification de Yone-Wi : ce qu'elle permet de dire
Yone-Wi est le moteur d'interopérabilité d'Eyone Medical, la brique technique qui fait dialoguer les systèmes. Voici ce qui peut être affirmé, tel quel :
- le moteur d'interopérabilité Yone-Wi a obtenu la certification IHE en 2024 ;
- il s'agit de la première certification IHE en Afrique ;
- cette certification porte sur le moteur Yone-Wi.
Elle s'inscrit dans le parcours d'Eyone Medical, fondée en 2015 et présente au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Gabon. En 2023, Eyone Medical a remporté l'appel d'offres du Dossier Patient Informatisé du système de santé national du Sénégal, dont le pilote a été déployé en 2024. En 2025, elle a remporté l'appel d'offres de la plateforme d'interopérabilité de l'assurance maladie obligatoire, qui va connecter les 177 IPM du pays à toutes les structures de santé. Ces programmes sont des faits distincts de la certification : ils illustrent l'échelle à laquelle la question de l'interopérabilité se pose, pas un effet de celle-ci.
Dans nos produits, l'interopérabilité est ce qui relie le SI Médical des structures de soins, Eyassur pour les assureurs et les IPM, et le Passeport Médical des patients. Notre présentation des solutions détaille ce que chacun apporte.
Ce qu'elle ne permet pas de dire
- « Eyone est certifiée IHE. » C'est un glissement : la certification porte sur le moteur, pas sur l'entreprise.
- « Conforme à tous les profils IHE. » Aucune certification IHE ne couvre l'ensemble des profils ; elle porte sur une liste définie.
- « Tous les produits et tous les déploiements sont certifiés. » La certification qualifie un composant, dans une version, pas chaque installation.
- « Certifié FHIR. » FHIR est un standard de HL7 International ; une certification IHE n'est pas une certification FHIR.
- Un résultat de soins. L'interopérabilité est une condition technique de la coordination ; elle ne soigne pas. Eyone Medical n'est pas un dispositif médical et ne revendique aucun marquage de cette nature.
Si vous instruisez un dossier, posez-nous vos questions sur cette certification.
Demandez une démonstration de la plateforme Eyone Medical et posez vos questions d'interopérabilité à nos équipes.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une certification IHE ?
C'est l'attestation qu'un produit, dans une version donnée, met en œuvre correctement des profils d'intégration IHE précis. Selon le cas, la preuve vient de résultats de Connectathon ou d'un rapport émis par un laboratoire accrédité ISO/IEC 17025 dans le cadre du programme d'évaluation de conformité d'IHE International.
Une certification IHE vaut-elle pour toute l'entreprise ?
Non. Elle porte sur un produit. Dans le cas d'Eyone Medical, la certification IHE obtenue en 2024, première en Afrique, porte sur le moteur d'interopérabilité Yone-Wi. Le document de résultat peut être remis sur demande à un acheteur ou à un partenaire : adressez-vous à nos équipes.
Quelle différence entre IHE, HL7 et FHIR ?
HL7 International publie des normes d'échange, dont HL7 version 2 et FHIR. IHE n'écrit pas de norme : elle définit des profils qui précisent comment combiner les normes existantes pour un usage donné. Notre article sur l'interopérabilité des systèmes de santé détaille le rôle de chacun.
Comment vérifier une certification IHE dans un appel d'offres ?
Demandez la liste des profils et des acteurs, le mécanisme de test, le produit et sa version, la date, et le document de résultat. Comparez ensuite ces profils aux échanges que votre cahier des charges exige réellement.
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