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E-santé au Sénégal et en Afrique francophone : état des lieux 2026

Sante Digitale
9 min de lecture
Carte de l'Afrique de l'Ouest reliant des établissements de santé par un réseau de données

OMS, Smart Africa, programme sénégalais : où en est la santé numérique en Afrique francophone en 2026, et pourquoi tout passe par l'interopérabilité.

En 2026, la santé numérique n'est plus un sujet de prospective en Afrique francophone. Les États ont adopté des stratégies, les bailleurs financent des programmes, et des pilotes tournent dans les hôpitaux. Ce qui manque le plus souvent, c'est la jonction entre ces initiatives. Cet état des lieux s'adresse aux administrations sanitaires, aux bailleurs, aux organismes de prévoyance et aux directions d'établissement. Il s'appuie uniquement sur des sources publiques, citées au fil du texte.

Ce que recouvre l'e-santé

Le terme regroupe des réalités différentes, qu'il vaut mieux distinguer avant de parler de stratégie :

  • le dossier patient informatisé et le système d'information hospitalier, qui organisent le soin dans l'établissement ;
  • la télémédecine, qui relie un patient ou un soignant à un spécialiste à distance ;
  • l'information sanitaire et la surveillance épidémiologique, qui font remonter les données du terrain vers les autorités ;
  • la gestion du financement des soins : droits des assurés, tiers payant, télétransmission des factures ;
  • les applications destinées aux patients.

Ces briques se développent souvent séparément, portées par des programmes et des financements distincts. L'enjeu des prochaines années n'est pas d'en ajouter de nouvelles, mais de les faire communiquer. C'est ce que l'on appelle l'interopérabilité, et c'est le fil conducteur de cet état des lieux.

Le cadre mondial et africain en 2026

La stratégie mondiale de l'OMS, prolongée jusqu'en 2027

La Stratégie mondiale pour la santé numérique 2020-2025 de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a été prolongée jusqu'en 2027 par la Soixante-dix-huitième Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2025. L'Assemblée a demandé à l'OMS d'engager l'élaboration d'une nouvelle stratégie pour la période 2028-2033 (OMS, 2025). Les pays africains disposent donc d'un cadre stable jusqu'en 2027, et d'une fenêtre pour faire valoir leurs priorités dans le suivant.

Le cadre régional de l'OMS pour l'Afrique

En 2021, le Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique a soumis à son Comité régional un cadre de mise en œuvre de cette stratégie. Son constat de départ est sévère : fin 2020, 34 États membres de la Région avaient élaboré une stratégie de santé numérique, mais seuls 12 l'avaient mise en œuvre (OMS Afrique, 2021). Le document relève aussi que la majorité des États membres ne disposent pas de normes harmonisées en matière de santé numérique, et que l'absence de modèle économique viable compromet la pérennité des projets. Il fixe une cible pour 2026 : 60 % des États membres dotés de normes relatives aux données et de cadres d'interopérabilité.

En 2024, un cadre pour intégrer les données sanitaires nationales et régionales, autour d'un pôle régional de données de santé prévu sur 2024-2030, a été soumis au même Comité régional. Il répond à un constat précis : dans plusieurs pays, les systèmes de surveillance et ceux des autres programmes sont différents et non interopérables, ce qui conduit à des doublons et à des inefficacités (OMS Afrique, 2024).

Smart Africa et le marché unique de la santé numérique

Le 12 novembre 2025, le Conseil des chefs d'État de l'alliance Smart Africa a validé un plan directeur pour la santé numérique, le Digital Health Blueprint. Il vise un marché unique africain de la santé numérique, fondé sur des systèmes de santé interopérables et centrés sur les personnes (Smart Africa, 2025). L'alliance compte 42 États membres.

Les trois textes convergent : la question n'est plus de numériser, mais de relier ce qui a été numérisé.

Le Sénégal : une trajectoire engagée

Le Sénégal a formalisé sa démarche avec le Plan stratégique Santé digitale (PSSD) 2018-2023, lancé en janvier 2019 (Agence Ecofin, 2019). Le programme de digitalisation du système de santé, rattaché au Projet d'accélération de l'économie numérique du Sénégal (PAENS), en a pris le relais (Agence de presse sénégalaise, 2023).

Trois jalons publics marquent la période récente :

  • Mars 2024 : lancement officiel de la phase pilote du dossier patient unique (Agence de presse sénégalaise, 2024).
  • Avril 2025 : présentation de six projets phares, dont le dossier patient informatisé, la télémédecine, un système d'information hospitalier, un système d'information géographique en santé, et la digitalisation de la gestion des médicaments et de la santé communautaire (Le Soleil, 2025).
  • Avril 2025 : annonce d'un projet de loi sur la santé numérique, qui doit notamment renforcer la protection des informations médicales et encadrer la télémédecine (Le Soleil, 2025).

Nous détaillons le volet dossier patient dans notre article de référence sur le dossier patient informatisé au Sénégal.

Le financement des soins, l'autre moitié du chantier

La santé numérique ne s'arrête pas à la consultation. Relier les structures de soins aux organismes qui financent les soins est un chantier à part entière. Au Sénégal, Eyone Medical a remporté en 2025 l'appel d'offres de la plateforme d'interopérabilité de l'assurance maladie obligatoire, qui va connecter les 177 institutions de prévoyance maladie (IPM) à toutes les structures de santé du pays. Pour les assureurs et les IPM, Eyone Medical propose Eyassur : gestion des bénéficiaires, des contrats et télétransmission des factures.

Afrique francophone : des défis communs

Les pays d'Afrique francophone partagent une langue administrative, des modèles de financement de la santé souvent proches, et une même exposition aux défis que relève l'OMS Afrique. Quatre reviennent souvent :

  1. Des stratégies plus nombreuses que les mises en œuvre. L'écart entre les 34 stratégies et les 12 mises en œuvre relevé par l'OMS Afrique résume le problème.
  2. Des normes absentes ou non harmonisées, qui condamnent chaque nouveau système à rester isolé.
  3. Des projets dépendants d'un financement initial, sans modèle économique pour leur survie.
  4. Une gouvernance de la donnée encore en construction. Le cadre de 2021 invite les États à renforcer leur souveraineté numérique et à assurer un suivi plus étroit des serveurs hébergés à l'étranger (OMS Afrique, 2021).

En Côte d'Ivoire, la couverture maladie universelle pose aux établissements des questions très concrètes de facturation et de tiers payant, que nous abordons dans notre guide de la facturation hospitalière en Côte d'Ivoire. Eyone Medical est présente au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Gabon ; elle a déployé ses solutions en Côte d'Ivoire et au Gabon en 2024.

Santé publique : ce que la donnée connectée change

Les épidémies récentes ont rappelé qu'une alerte sanitaire dépend de la vitesse à laquelle l'information remonte du terrain. Une donnée saisie sur papier dans un poste de santé, recopiée dans un rapport, puis transmise par un autre canal arrive tard et incomplète. Lorsque le dossier patient, le laboratoire et le système de surveillance échangent directement, la remontée peut devenir plus rapide et plus fiable.

Construire un système de santé interconnecté suit une logique en quatre temps :

  1. Réunir les acteurs : ministère, établissements publics et privés, laboratoires, pharmacies, organismes de prévoyance.
  2. Parler le même langage : adopter des normes communes pour l'identification, les échanges et la codification des données.
  3. Construire les ponts : déployer des plateformes d'échange qui relient les systèmes existants, plutôt que de les remplacer.
  4. Tester avant de généraliser : vérifier, face à des référentiels reconnus, que les systèmes échangent réellement.

Une certification IHE apporte une partie de cette preuve, pour un produit donné et des profils définis. Le moteur d'interopérabilité Yone-Wi d'Eyone Medical a obtenu la certification IHE en 2024, une première en Afrique : notre article sur la certification IHE du moteur Yone-Wi explique ce qu'elle recouvre, et notre article sur l'interopérabilité des systèmes de santé ce qu'elle change pour un établissement.

Quatre questions à poser à tout projet d'e-santé en 2026

  • Le système échange-t-il selon des normes reconnues, et cela a-t-il été testé ? Une promesse d'interopérabilité se vérifie.
  • Qui héberge les données, et sous quel cadre ? Au Sénégal, la loi n° 2008-12 sur la protection des données à caractère personnel s'applique déjà, et un projet de loi sur la santé numérique a été annoncé en 2025.
  • Le projet relie-t-il le soin et son financement ? Un dossier patient qui ignore l'assurance oblige à ressaisir les mêmes actes pour la facturation.
  • Le modèle tient-il après le financement initial ? L'OMS Afrique relève l'absence de modèle économique viable comme une faiblesse de la Région.

La place d'Eyone Medical

Eyone Medical est une plateforme d'interopérabilité médicale. Fondée en 2015, présente dans trois pays avec plus de 100 collaborateurs, elle connecte les acteurs du parcours de soins plutôt que de les remplacer. Elle a été distinguée Most Valuable Project par le programme L'Afrique Excelle de la Banque mondiale en 2018, et a remporté le concours Africa's Business Heroes en 2025. Ses trois solutions s'adressent chacune à un acteur : le SI Médical aux établissements, Eyassur aux financeurs de soin, le Passeport Médical aux patients. Découvrez l'ensemble de nos solutions, ou demandez une démonstration.

Questions fréquentes

Qu'appelle-t-on e-santé ?

L'e-santé, ou santé numérique, désigne l'usage des technologies de l'information dans la santé : dossier patient informatisé, télémédecine, information sanitaire, gestion du financement des soins et applications destinées aux patients.

Quelle est la stratégie de santé digitale du Sénégal ?

Le Sénégal a adopté un Plan stratégique Santé digitale 2018-2023, prolongé par le programme de digitalisation du système de santé. En 2025, six projets phares ont été présentés, dont le dossier patient informatisé et la télémédecine, et un projet de loi sur la santé numérique a été annoncé.

Pourquoi l'interopérabilité est-elle au centre de l'e-santé ?

Parce que les systèmes déjà en place ne communiquent pas. L'OMS Afrique relève que la majorité des États membres de la Région n'ont pas de normes harmonisées, et fixe pour 2026 une cible de 60 % d'États dotés de normes et de cadres d'interopérabilité.

Comment un établissement ou un financeur peut-il se préparer ?

En exigeant de ses outils qu'ils échangent selon des normes reconnues et testées, en reliant dès le départ le dossier patient et la facturation, et en clarifiant les règles d'accès aux données. Notre équipe peut vous accompagner : demandez une démonstration.

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e-santésanté numériqueAfrique francophoneSénégalinteropérabilitéOMSSmart Africa

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